Emporté par ma lecture de La Tempête de René Barjavel, j'ai continué avec cet auteur en lisant cette fois Ravage, sans doute son roman le plus connu.
Tout est bien dans ce roman de science-fiction catastrophiste, sauf la dernière partie qui s'appelle Le patriarche. Heureusement, elle ne s'étend que sur quelques pages, les dernières, mais honnêtement je ne sais pas ce qui a passé par la tête de Barjavel lorsqu'il a décidé de faire se terminer ainsi son aventure. Je ne suis pas loin de penser que cette ultime partie vient abimer le reste du livre en l'affligeant d'une conclusion pour le moins étonnante, en réalité complètement perchée si vous voulez mon avis. Le héros du livre, attachant tout du long, devient une sorte de gourou qui prend le contrôle de la vallée et des survivants de la catastrophe, et instaure des lois invraisemblables notamment sur la polygamie obligatoire (pour repeupler) ou sur la protection des futures générations en faisant réquisitionner tous les livres (sauf la poésie) pour les faire brûler !
De héros attachant, il devient un illuminé désagréable, polygame, autoritaire, quasi-divin, qui occupe des fonctions à la fois politiques et presque religieuses.
Bon, c'est un roman, c'est de la science-fiction, c'est entendu, mais tout de même ! Ravage ne méritait pas cette conclusion. Que les choses s'améliorent à la fin après la terrible catastrophe est une fin acceptable et souhaitable mais il n'était vraiment pas nécessaire d'ajouter à ce tableau les quelques éléments évoqués plus haut.
Il semble qu'un certain nombre de commentateurs gauchistes a estimé que le livre était crypto-pétainiste sous prétexte qu'on y trouve vantées, surtout à la fin, les valeurs de la famille et du travail. Je me demande comment on peut être aussi stupide qu'un gauchiste. Le monde vient de s'écrouler, évidemment qu'il faut se mettre au travail pour le rebâtir ! Quant à la prétendue apologie de la famille, ce n'est pas exact : Barjavel dans ce roman met en avant la nécessité de repeupler après un désastre, ce qui est très différent de la "valeur famille" pour laquelle au contraire il ne manifeste pas un très grand respect puisque le héros est montré en train d'encourager les hommes à prendre plusieurs femmes pour accélérer ce repeuplement, tandis que les femmes, elles, sont invitées à accepter de n'être qu'un élément de production de cette grande récréation démographique.
En tout cas, roman franchement palpitant où l'on ne s'ennuie pas une seconde. Il est toujours amusant de lire la science-fiction telle qu'elle était écrite il y a des décennies, telle qu'elle se promettait d'imaginer le futur qui entre temps est devenu notre présent. Barjavel avait quelques bonnes intuitions notamment sur la trop grande dépendance des hommes à la Machine, au progrès technique et à l'électricité, et il avait entrevu que cette abondance ferait perdre aux hommes une partie de ce qui les constitue en tant que tel. Dans Ravage, il montre ce que deviendrait une telle société si demain, d'un instant à l'autre, l'électricité était coupée sans espoir d'être rétablie. Nous plongerions dans les ténèbres non seulement en raison de l'absence d'éclairage mais aussi parce que les hommes, privés de ce bien auquel tous les éléments de sa vie et de son confort sont soumis, deviendraient en quelques jours seulement des brutes, des barbares, des pillards et finalement des bêtes.
De ce point de vue, il est indiscutable que Barjavel n'avait pas tort !
Tout est bien dans ce roman de science-fiction catastrophiste, sauf la dernière partie qui s'appelle Le patriarche. Heureusement, elle ne s'étend que sur quelques pages, les dernières, mais honnêtement je ne sais pas ce qui a passé par la tête de Barjavel lorsqu'il a décidé de faire se terminer ainsi son aventure. Je ne suis pas loin de penser que cette ultime partie vient abimer le reste du livre en l'affligeant d'une conclusion pour le moins étonnante, en réalité complètement perchée si vous voulez mon avis. Le héros du livre, attachant tout du long, devient une sorte de gourou qui prend le contrôle de la vallée et des survivants de la catastrophe, et instaure des lois invraisemblables notamment sur la polygamie obligatoire (pour repeupler) ou sur la protection des futures générations en faisant réquisitionner tous les livres (sauf la poésie) pour les faire brûler !
De héros attachant, il devient un illuminé désagréable, polygame, autoritaire, quasi-divin, qui occupe des fonctions à la fois politiques et presque religieuses.
Bon, c'est un roman, c'est de la science-fiction, c'est entendu, mais tout de même ! Ravage ne méritait pas cette conclusion. Que les choses s'améliorent à la fin après la terrible catastrophe est une fin acceptable et souhaitable mais il n'était vraiment pas nécessaire d'ajouter à ce tableau les quelques éléments évoqués plus haut.
Il semble qu'un certain nombre de commentateurs gauchistes a estimé que le livre était crypto-pétainiste sous prétexte qu'on y trouve vantées, surtout à la fin, les valeurs de la famille et du travail. Je me demande comment on peut être aussi stupide qu'un gauchiste. Le monde vient de s'écrouler, évidemment qu'il faut se mettre au travail pour le rebâtir ! Quant à la prétendue apologie de la famille, ce n'est pas exact : Barjavel dans ce roman met en avant la nécessité de repeupler après un désastre, ce qui est très différent de la "valeur famille" pour laquelle au contraire il ne manifeste pas un très grand respect puisque le héros est montré en train d'encourager les hommes à prendre plusieurs femmes pour accélérer ce repeuplement, tandis que les femmes, elles, sont invitées à accepter de n'être qu'un élément de production de cette grande récréation démographique.
En tout cas, roman franchement palpitant où l'on ne s'ennuie pas une seconde. Il est toujours amusant de lire la science-fiction telle qu'elle était écrite il y a des décennies, telle qu'elle se promettait d'imaginer le futur qui entre temps est devenu notre présent. Barjavel avait quelques bonnes intuitions notamment sur la trop grande dépendance des hommes à la Machine, au progrès technique et à l'électricité, et il avait entrevu que cette abondance ferait perdre aux hommes une partie de ce qui les constitue en tant que tel. Dans Ravage, il montre ce que deviendrait une telle société si demain, d'un instant à l'autre, l'électricité était coupée sans espoir d'être rétablie. Nous plongerions dans les ténèbres non seulement en raison de l'absence d'éclairage mais aussi parce que les hommes, privés de ce bien auquel tous les éléments de sa vie et de son confort sont soumis, deviendraient en quelques jours seulement des brutes, des barbares, des pillards et finalement des bêtes.
De ce point de vue, il est indiscutable que Barjavel n'avait pas tort !
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Pour les amateurs de rareté patriotique. 1200 pages, 2,7 kg !
Par le Jules Verne militaire, Émile Driant, sous le pseudonyme Capitaine Danrit.
https://www.leboncoin.fr/ad/livres/3187849378
Par le Jules Verne militaire, Émile Driant, sous le pseudonyme Capitaine Danrit.
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Très joli propos trouvé non dans un épais livre de philosophie ou dans une œuvre classique de la littérature, mais dans un roman de science-fiction ! En l'occurrence, La foire des ténèbres, de Ray Bradbury. Comme quoi !
« Ainsi, minute après minute, heure après heure, pendant toute une vie, sans cesse, il te faudra faire le choix, aujourd'hui, demain, encore et toujours, d'être bon ou mauvais. »
« Ainsi, minute après minute, heure après heure, pendant toute une vie, sans cesse, il te faudra faire le choix, aujourd'hui, demain, encore et toujours, d'être bon ou mauvais. »
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Le retour récent de la chaîne Des paluches et des bouquins nous régale, en évoquant cette fois, avec son invité Francis Bergeron, la figure et œuvre de l'immense Henri Béraud.
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Forwarded from Des paluches et des bouquins
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Francis Bergeron - Qui aime la France, aime Henri Béraud
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J'ai supprimé le canal de discussion qui était associé à ce canal-ci. Il n'avait pour ainsi dire aucune utilité. Très peu d'activité en dehors des messages publicitaires, des anarques et des bots.
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Je ne veux pas vous faire peur mais :
Début 2020, je me suis replongé dans la lecture de la Trilogie divine de Philip K. Dick (qui se compose de 4 volumes contrairement à ce que son nom indique).
Ces derniers jours, l'envie, le besoin de me replonger dans ces livres a fait que je m'y suis effectivement replongé.
J'ai l'impression qu'une pandémie commence chaque fois que je recommence la lecture de ces livres.
Si les premiers mouvements auxquels nous assistons en ce moment avec l'hantavirus devaient donner lieu à un nouvel épisode de folie sanitaire, sachez que je m'en excuse, que je ne voulais pas et que promis, c'est la dernière fois que j'ouvre ces fichus romans !
Début 2020, je me suis replongé dans la lecture de la Trilogie divine de Philip K. Dick (qui se compose de 4 volumes contrairement à ce que son nom indique).
Ces derniers jours, l'envie, le besoin de me replonger dans ces livres a fait que je m'y suis effectivement replongé.
J'ai l'impression qu'une pandémie commence chaque fois que je recommence la lecture de ces livres.
Si les premiers mouvements auxquels nous assistons en ce moment avec l'hantavirus devaient donner lieu à un nouvel épisode de folie sanitaire, sachez que je m'en excuse, que je ne voulais pas et que promis, c'est la dernière fois que j'ouvre ces fichus romans !
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« Quand nous ne pouvons nous-mêmes être heureux, le bonheur que nous procurons aux autres en devient un pour nous. »
Le nain noir (1816)
Walter Scott.
Le nain noir (1816)
Walter Scott.
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Forwarded from Des paluches et des bouquins
Jonathan Sturel revient ce soir 18H sur la chaîne pour nous parler de son nouveau roman « Napoléon à Montmedy » ne manquez pas ce rendez-vous c’est du grand art logorrhéique !
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